L'Avenir en commun
Le programme de la Nouvelle France

Partie 1 – Pour une bifurcation écologique et sociale

Chapitre 2 : Produire nous-mêmes pour répondre aux besoins

Réindustrialiser et relocaliser pour assurer notre indépendance

Avec la désindustrialisation, la France a perdu sa souveraineté dans de nombreux domaines, parfois essentiels. Désastreux sur le plan économique, les deux quinquennats Macron ont aggravé ce phénomène : la production industrielle n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant Covid-19. Voilà le sinistre bilan de sa politique ultralibérale. Tandis que les actionnaires se gorgent de dividendes et d’aides de l’État, des dizaines de milliers de familles françaises voient leur vie bouleversée par les plans sociaux et les délocalisations. La France ne doit pas dépendre d’autres États pour ses productions essentielles : lorsqu’une crise éclate, il est déjà trop tard pour relocaliser.

Mesure clé

Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays

  • Créer une agence pour les relocalisations, placée sous la tutelle du conseil à la planification écologique, en charge du recensement des secteurs industriels indispensables à la souveraineté nationale et à la bifurcation écologique ainsi que de l’établissement d’un plan de relocalisation pour chaque filière ou production stratégique identifiée
  • Engager un plan de reconstruction industrielle pour mettre fin à la dépendance de la France dans les domaines stratégiques (semi-conducteurs, médicaments, etc.)
  • Réformer et investir les comités stratégiques de filières (CSF) pour en faire de réels lieux d’élaboration de la planification écologique dans le domaine industriel
  • Présenter chaque année devant le Parlement la stratégie industrielle globale des administrateurs de l’État, avec un débat en hémicycle suivi d’un vote
  • Créer des pactes de commande publique entre l’État et certaines filières industrielles pour garantir un niveau de commandes publiques en échange du respect de certains critères écologiques et sociaux dans la production
  • Instaurer un contrat de bifurcation écologique garantissant les droits sociaux, la formation et la rémunération des salariés pour leur assurer un cadre protecteur en cas de reconversion d’une entreprise
  • Créer, pour les salariés, un droit de reprise d’activité préférentiel dans un but écologique, en cas de cession ou de fermeture d’entreprise, ainsi qu’un droit de préemption, en cas de pratiques contraires à l’intérêt écologique général

Investir pour lancer la bifurcation de notre économie

Acier, automobile, chimie, agriculture, robotique ou encore pharmacie : les difficultés de nombreuses filières productives menacent la capacité du pays à conduire la bifurcation écologique et à garantir notre souveraineté. Pour atteindre les objectifs de la planification écologique, il faut être en mesure de fabriquer ici les produits et les infrastructures dont nous avons besoin. Lancer cette grande transformation de notre économie nécessite d’investir au plus vite pour pallier ce qui n’a pas été fait pendant dix ans.

Mesure clé

Lancer un grand plan d’investissements écologiquement et socialement utiles

  • Conditionner les aides publiques versées aux entreprises à l’adoption des objectifs écologiques et sociaux définis par le Plan ; exiger le remboursement des aides en cas de non-respect des contreparties
  • Reprendre les sites en difficulté ou en cours de vente à l’étranger pour stopper l’hémorragie dans les secteurs stratégiques comme la chimie, l’automobile, le numérique
  • Produire en France l’acier décarboné dont nous avons besoin pour la bifurcation écologique, notamment en nationalisant ArcelorMittal France
  • Constituer une réserve stratégique nationale d’acier et de minerai
  • Planifier la construction de modèles de voitures électriques légères et abordables
  • Développer une filière française de bombardiers d’eau et de drones pour lutter contre les feux de forêts
  • Proposer des contrats de transition agroécologique sur plusieurs années aux agriculteurs, ouvrant droit à un accompagnement public pour les aider à adapter et transformer leur activité
  • Relocaliser 80 principes actifs nécessaires pour des médicaments stratégiques en 5 ans en priorisant les antibiotiques, antidouleurs, antiépileptiques et spécialités de réanimation
  • Faire adopter un plan de sortie des dépendances numériques par toutes les administrations publiques, collectivités locales et entreprises publiques
  • Planifier le rattrapage de la France en matière de robotisation de l’industrie pour revenir à hauteur avec l’Allemagne, soit 400 robots pour 10 000 salariés
  • Développer des filières de robotique dans la santé, la mer et l’espace
  • Relancer l’observation spatiale de la Terre au service de la lutte contre le changement climatique grâce à un programme placé sous la responsabilité du Centre national d’études spatiales (CNES)
  • Structurer une filière textile autour du lin pour garantir une offre de vêtements français accessibles et développer massivement le réemploi

Refuser la concurrence généralisée

En mettant les usines françaises en concurrence avec celles de pays aux normes sociales et écologiques moins-disantes, le libre-échange a dépecé l’industrie nationale. Les gouvernements macronistes ont mis le pays dans l’impasse en laissant toute latitude aux actionnaires de délocaliser et de licencier. Pourtant, les unes après les autres, les grandes puissances tournent la page du libre-échange. Cette nouvelle donne est une opportunité pour permettre au pays de produire ce dont il a besoin.

Mesure clé

Adopter des mesures antidumping d’urgence sur les industries stratégiques : sidérurgie, automobile, pharmaceutique

  • Réviser le Code des marchés publics pour favoriser les entreprises sociales et solidaires, écologiques et locales
  • Faire l’inventaire et l’évaluation des accords de libre-échange déjà appliqués et imposer le respect des normes sociales et écologiques pour la commercialisation des produits importés en France
  • Instaurer des droits de douane sur des critères écologiques (émissions carbone, pollution, consommation d’eau)
  • Mettre fin aux niches fiscales sur le kérosène pour limiter le dumping exercé par l’e-commerce depuis l’étranger
  • Instaurer une taxe kilométrique aux frontières de la France pour dissuader les délocalisations et l’importation de produits trop éloignés
  • Exiger un dépôt de garantie préalable auprès de la Banque de France en contrepartie d’un investissement étranger dans le pays
  • Supprimer les avantages fiscaux sur l’épargne française investie à l’étranger, notamment pour l’assurance-vie
  • Établir des critères de localisation de l’activité pour la commande publique nationale et locale ainsi que pour l’accord des aides aux entreprises
  • Rendre effectives les peines de réquisition d’intérêt général pour toute délocalisation ou fermeture d’activité
  • Renégocier le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
Couverture de l'Avenir en commun édition 2027

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