L'Avenir en commun
Le programme de la Nouvelle France

Partie 4 – Le goût du futur : aux nouvelles frontières de l’humanité

Chapitre 4 : Faire de la santé un enjeu global

S’organiser pour faire face aux maladies écologiques

Une société malade rend malade. 80 % de notre santé est déterminée par notre environnement. Aujourd’hui, nombreuses sont les maladies qui sont liées au mode de production capitaliste : zoonoses, mais aussi cancers, diabète, obésité, infertilité, allergies. Des études scientifiques ont démontré le rôle de la malbouffe, des pesticides, des polluants éternels ou encore des perturbateurs endocriniens dans les manifestations de ces maladies chroniques, qui touchent en priorité les mondes populaires qui ne peuvent s’en protéger. Aucune fatalité à cela. L’eau, l’air et l’alimentation ont été empoisonnés par des pratiques soucieuses uniquement de produire à bas coûts. Éradiquer les facteurs favorisant ces maladies écologiques est possible. Ainsi, 40 % des cancers sont évitables en agissant sur l’environnement. Il faut dépolluer le monde, reconstruire notre système de soin et investir massivement dans la recherche médicale.

Mesure clé

Intégrer la santé environnementale dans toutes les politiques publiques, notamment par une obligation d’évaluation santé-­environnement des projets d’infrastructure et des lois

  • Adopter un plan d’éradication des maladies chroniques liées à l’exposition aux pollutions (pesticides, radioactivité, amiante, produits chimiques, etc.)
  • Adopter un plan d’action national de protection de la santé contre les perturbateurs endocriniens poursuivant l’objectif « zéro exposition »
  • Appliquer un principe de précaution sanitaire, avec une liste d’interdiction des substances dangereuses avérées, suspectées et présumées
  • Doubler le budget du programme national de recherche « environnement – santé – travail » et publier le résultat de ses enquêtes
  • Augmenter les moyens de l’Institut national du cancer pour améliorer la connaissance sur l’épidémie de cancer via le déploiement effectif du registre national des cancers
  • Former massivement les professionnels de santé pour renforcer le dépistage et la prévention des maladies écologiques ainsi que la prise en charge des plus vulnérables
  • Mettre en place un interrogatoire allergique lors des visites de médecine scolaire et de médecine du travail pour prévenir le risque allergique
  • Créer un fonds d’indemnisation spécifique des victimes, offrant une prise en charge intégrale pour toutes les victimes de maladies liées au chlordécone, qu’elles soient professionnelles ou environnementales

Se préparer à l’ère des pandémies

Tant que les causes des pandémies n’auront pas été réglées, nous devrons nous tenir prêts à des répliques de même nature que le Covid-19. Il nous faudra le faire de la manière la plus efficace et humainement acceptée. Nous choisirons le « tous ensemble » plutôt que le « chacun pour soi ». L’État planificateur sera l’instrument principal de notre adaptation à l’ère des pandémies.

Mesure clé

Reconnaître les épidémies et pandémies au titre des catastrophes naturelles

  • Élaborer un plan d’adaptation aux pandémies et zoonoses basé sur la planification sanitaire
  • Réquisitionner les entreprises indispensables à la production de matériel sanitaire (masques, tests, purificateurs) en cas de pandémie
  • Interdire le dépôt de brevets sur les médicaments et les équipements nécessaires à une réponse sanitaire urgente
  • Éradiquer l’épidémie de VIH en France par un grand plan national de prévention, de dépistage, de traitement ainsi que de lutte contre la désinformation et la discrimination des personnes séropositives, tout en renforçant la contribution française au Fonds mondial
  • Construire un pôle public du médicament qui devra :
    • Assurer une relocalisation de la production de médicaments et une capacité souveraine de production de vaccins
    • Garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique de médicaments essentiels
    • Reconstruire les capacités de fabrication de médicaments des pharmacies hospitalières
    • Nationaliser certaines filiales critiques (par exemple pour atteindre l’autonomie de production du principe actif Doliprane)
    • Assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de santé et communiquer sur leurs coûts réels
    • Produire et diffuser massivement les vaccins et traitements passés sous licence d’office
    • Financer la recherche et le développement publics sur les antibiotiques et l’antibiorésistance pour développer des solutions thérapeutiques
    • Développer une production publique de biomédicaments, notamment pour les thérapies contre le cancer

En finir avec la malbouffe

Nous sommes confrontés à une épidémie de maladies chroniques (diabète, obésité) et de cancers. L’agro-industrie et ses produits, vendus à grand renfort d’additifs et de publicité, en sont une cause majeure. Les plus pauvres sont les premières victimes. En finir avec la malbouffe est un enjeu de santé publique. Nous avons les moyens de produire autrement pour nous nourrir tous et mieux.

Mesure clé

Créer un ministère de la Production alimentaire

  • Interdire d’urgence les additifs dangereux pour la santé en limitant la liste aux composants autorisés dans l’agriculture biologique
  • Fixer des taux maximaux de sel, de sucre et d’acides gras saturés dans les aliments transformés et garantir l’application de la loi dans les Outre-mer
  • Rendre le Nutri-Score (étiquetage nutritionnel) obligatoire pour en finir avec la désinformation de la grande distribution
  • Interdire la publicité alimentaire sur tous les supports (radiophonique, audiovisuel et électronique) à destination des enfants et adolescents
  • Créer une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition de la maternelle au collège
  • Garantir en permanence l’accès à cinq fruits et légumes de saison à prix bloqués
  • Porter l’alimentation dans la restauration collective et scolaire à 100  % biologique et locale, diversifier les sources de protéines en augmentant la part des protéines végétales et garantir l’accès à une option végétarienne quotidienne
  • Renforcer la place de l’éducation à la nutrition dans les programmes scolaires

Faire passer la santé d’abord et reconstruire les établissements de santé publics, notamment les hôpitaux

Notre système de santé a longtemps été le meilleur au monde. Mais les coupes budgétaires et la marchandisation l’ont méthodiquement sacrifié sur l’autel de l’austérité. Il n’est plus en mesure de faire face à la multiplication des maladies chroniques et aux épidémies. En vingt-cinq ans, l’hôpital public a perdu 80 000 lits, des centaines de maternités et de services d’urgence. 6 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant et plus d’un tiers de la population vit dans un désert médical. Contre cette pénurie, nous pouvons réparer l’hôpital public, mettre fin aux déserts médicaux, et reconstruire un service public de santé en partant des besoins.

Mesure clé

Reconstruire le service public hospitalier et actionner tous les leviers contre les déserts médicaux

  • Remplacer l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) par un objectif national des besoins d’assurance maladie (ONBAM)
  • Sortir de la tarification à l’acte (T2A) à l’hôpital par un financement diversifié (dotation forfaitaire et en fonction de la population, prix de la journée, etc.)
  • Imposer la transparence totale sur le nombre de décès et de complications après un défaut de prise en charge lié au manque de moyens hospitaliers
  • Réouvrir progressivement des services d’urgence, des maternités et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics assurant un service public de santé de proximité à moins de 30 minutes de chaque Français
  • Engager un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du soin et du médico-social (médecins, infirmières, aides-­soignantes et personnels administratifs)
  • Revaloriser les métiers et les salaires dans le domaine du soin et la tarification de certains actes libéraux des infirmières et infirmiers
  • Actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux :
    • Mailler le territoire de centres de santé publics en exercice salarié et de maisons de santé pluriprofessionnelles
    • Recruter des médecins publics
    • Réguler l’installation des médecins, généraliser les guichets uniques pour les démarches d’installation des soignants
    • Rétablir l’obligation de participation de l’ensemble des médecins à la permanence des soins dans chaque département, en coopération avec l’ensemble des soignants de premier recours
    • Augmenter le nombre de places en faculté de médecine et créer des écoles normales de la santé et du social dans les collectivités afin de former davantage de professionnels de santé et du médico-social
    • Généraliser les contrats d’études dans les formations médicales et paramédicales
    • Lutter contre les déserts de pharmacies, notamment par le déploiement d’un réseau de pharmacies communautaires
  • Permettre aux médecins et praticiens diplômés hors Union européenne d’exercer de manière pérenne en France par la validation des équivalences reconnues
  • Instaurer un bouclier contre la financiarisation de la santé, notamment en interdisant la détention de structures médicales et médico-sociales par des fonds de capital-investissement
  • Instaurer une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les discriminations dans les soins et renforcer la prévention des discriminations dans la formation des professionnels de santé

Santé mentale : rompre avec la logique néolibérale

La France est le premier pays d’Europe touché par la dépression, le nombre de jeunes pensant au suicide a doublé en dix ans et une personne âgée sur trois vivant dans une maison de retraite est en détresse psychologique. À mesure que la santé mentale des Français se détériore, la psychiatrie publique continue de se déliter tandis que la privatisation du secteur progresse. Aujourd’hui, les difficultés d’accès restent massives et la prévention sous-financée. Il y a urgence à restaurer le service public de la psychiatrie en renforçant les moyens financiers et humains qui lui sont dédiés. Le bien-être mental ne doit plus être un tabou, mais un objectif collectif.

Mesure clé

Renforcer le maillage territorial et les moyens des centres médico-­psychologiques et des centres médico-psycho-pédagogiques

  • Réouvrir des lits de psychiatrie publics
  • Élargir le conventionnement de psychologues par la Sécurité sociale, au-delà de 12 séances par an et avec un remboursement à 100 %
  • Augmenter le nombre de places en faculté de médecine dans la filière « psy » et créer des formations délocalisées d’infirmières en pratique avancée et/ou spécialisées en psychiatrie
  • Donner les moyens aux professionnels de santé d’aller vers l’abolition de la contention et de la mise à l’isolement, pratiques attentatoires à la dignité humaine, et les remplacer par d’autres pratiques thérapeutiques fondées sur le respect de la personne
  • Renforcer la prise en charge par l’Assurance maladie des séances de psychothérapie
  • Lancer un plan national de prévention et de prise en charge des troubles des conduites alimentaires

Addictions et drogues : pour une stratégie sanitaire

Alcool et tabac sont les deux premiers facteurs connus de cancers en France. La politique suivie par notre pays en matière de drogues, mais aussi d’autres consommations addictives et néfastes (alcool, tabac, médicaments), se résume trop souvent à la répression ou à l’hypocrisie. Pourtant, les addictions concernent plusieurs millions de personnes. Selon l’Observatoire français des drogues et tendances addictives, 23,1 % des adultes fument quotidiennement, 7 % boivent de l’alcool chaque jour, et le cannabis compte 900 000 usagers quotidiens. C’est une affaire de santé publique ! L’heure est venue de changer de stratégie pour lutter plus efficacement et plus humainement contre les addictions.

Mesure clé

Légaliser et encadrer par un monopole d’État la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins médicales et récréatives dans des conditions permettant de lutter publiquement contre l’addiction

  • Affecter les recettes des taxes sur le cannabis à des programmes de lutte contre les addictions, notamment en milieu scolaire, et à une politique de prévention, de réduction des risques et d’aide à la désintoxication
  • S’attaquer aux causes des addictions pour engager une politique de réduction des risques plutôt que de continuer une politique de répression des consommateurs
  • Pérenniser et généraliser les salles de consommation à moindre risque sur l’ensemble du territoire
  • Confier le pilotage de la politique de lutte contre les drogues au ministère de la Santé et non plus de l’Intérieur (qui doit voir son rôle réorienté vers la lutte contre le crime organisé)
  • Accroître les moyens de police et des douanes à des fins d’investigation et de remontées des filières du crime organisé dans ce domaine
  • Renforcer et développer les coopérations judiciaires (magistrats de liaison, attachés douaniers et attachés de sécurité intérieure) en particulier avec les pays de production et d’exportation de drogues
  • Viser une jeunesse « zéro tabac » : déployer la prévention avant les premiers usages, renforcer l’accès aux traitements de substitution et à l’accompagnement pour sortir de l’addiction, lutter contre les multinationales qui organisent elles-mêmes le trafic de cigarettes
Couverture de l'Avenir en commun édition 2027

Partager le chapitre

L'Avenir en commun
Le programme de la Nouvelle France

Partager sur les réseaux sociaux

Facebook
X
WhatsApp
Telegram
Threads
Reddit
L'Avenir en commun
Le programme de la Nouvelle France

Partager par mail