Partie 3 – Mettre en sécurité sociale
Chapitre 3 : Entrer pleinement dans l’ère de l’émancipation des femmes
Atteindre l’égalité salariale
Les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes et constituent 70 % des travailleurs pauvres. De plus en plus précaires, reléguées en bas de l’échelle, elles subissent le temps partiel imposé et les horaires décalés. Dans la Nouvelle France, les femmes ne seront plus des subalternes dans le monde du travail.
Mesure clé
Lutter contre le temps partiel contraint qui touche à 80 % des femmes
- Revaloriser les rémunérations des métiers occupés majoritairement par des femmes, prendre en compte leur pénibilité en réinstaurant les facteurs de risques supprimés par Macron en 2017 et en créant de nouveaux critères liés aux contraintes émotionnelles fortes
- Augmenter les sanctions financières et pénales à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale femmes/hommes (amendes et refus d’attribution de marchés publics)
- Créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur l’égalité entre les femmes et les hommes
- Imposer la parité entre les femmes et les hommes dans les institutions politiques et économiques, ainsi que dans les administrations, les syndicats et les associations
- Remplacer le congé paternité et le congé maternité actuels par un congé d’accueil de l’enfant, identique et obligatoire pour les deux parents, d’une durée de 20 semaines par parent
Éradiquer les violences sexistes et sexuelles
Les violences sexistes et sexuelles sont systémiques. Elles sont tellement intriquées à la domination masculine que lutter contre elles, c’est lutter contre cette domination tout entière. Elles appellent une réponse d’ampleur coordonnée, incluant notamment une transformation des institutions policière et judiciaire mais aussi de l’école ou du secteur du logement.
Mesure clé
Adopter une loi de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et allouer les 3 milliards de budget demandés par les associations
- Garantir une budgétisation transparente qui prenne en compte le genre
- Mettre fin au harcèlement sexiste et aux agressions sexuelles dans l’espace public en agissant, en particulier, sur la prévention et en promouvant un urbanisme féministe
- Reconnaître et sanctionner les violences obstétricales et gynécologiques
- Combattre l’impunité des agresseurs sexuels et la correctionnalisation des viols
- Adapter le monde du travail à la réalité des violences conjugales et sexuelles et renforcer les obligations de l’employeur en matière de prévention et de traitement des violences sexistes et sexuelles au travail
- Intégrer la prévention et la lutte contre les discours masculinistes à l’ensemble des politiques publiques du numérique, notamment aux séances d’éducation à l’école
- Créer un fonds dédié au dédommagement des enfants des victimes de féminicides
- Soutenir les permanences associatives et les dispositifs itinérants d’aide aux femmes victimes de violences, là où l’offre d’accompagnement est insuffisante, notamment en zones rurales et dans les quartiers populaires
- Rembourser les tests de soumission chimique sur l’ensemble du territoire
Garantir le droit des femmes à disposer librement de leur corps
La Nouvelle France est le résultat des luttes des femmes pour conquérir le droit à disposer d’elles-mêmes. De ce point de vue, la constitutionnalisation du droit à l’avortement, portée notamment par une proposition de loi de Mathilde Panot, est une conquête. Mais il reste encore du chemin à parcourir pour que le droit à disposer librement de son corps soit effectif pour toutes les femmes.
Mesure clé
Garantir l’égal accès et l’effectivité du droit à l’IVG, tout comme le choix de la méthode d’IVG, et supprimer la double clause de conscience des médecins
- Lutter contre les mouvements anti-choix qui entravent les droits à la santé sexuelle et reproductive et le droit à l’avortement
- Abolir la prostitution, garantir la dignité de la personne et renforcer, sans condition, l’accompagnement social, sanitaire, juridique et professionnel des personnes en situation de prostitution
- Améliorer l’accès à la santé des femmes et leur prise en charge
- Rembourser le traitement hormonal de la ménopause
- Renforcer le planning familial, augmenter et pérenniser les financements des associations féministes et LGBTI
Faire le service public de la petite enfance
Tant que les femmes auront une charge totale de travail, activité domestique comprise, supérieure à celle des hommes, elles n’auront pas leur juste part de liberté, de loisir et de repos. C’est aux femmes qu’incombe encore trop souvent, et parfois exclusivement, la prise en charge des enfants. Par ailleurs, la maltraitance au sein de crèches privées a été révélée par plusieurs enquêtes : la course aux profits fait des ravages sur le bien-être des enfants et les personnels. La création d’un vaste système public de garde d’enfants est donc impérative pour garantir la liberté des parents, des mères en particulier, un meilleur accueil des tout-petits et de bonnes conditions de travail aux personnels.
Mesure clé
Créer un véritable service public de la petite enfance
- Planifier l’ouverture progressive de 500 000 places pour l’accueil des jeunes enfants (crèches publiques, associatives, assistantes maternelles, jardins d’enfants)
- Garantir la gratuité des crèches publiques
- Mailler le territoire de centres de protection maternelle et infantile (PMI) et de lieux ressources pour les parents ; renforcer leurs moyens humains et financiers, afin de développer l’accompagnement à la périnatalité et à la parentalité
- Geler les ouvertures de places du secteur privé lucratif et réorienter les financements vers l’ouverture de places dans le public par l’interdiction des aides publiques aux crèches privées lucratives
- Garantir à chaque jeune enfant une place d’accueil adaptée à ses besoins, avec un accompagnement de qualité, des effectifs réduits et un accès à un espace extérieur réellement végétalisé
- Répondre à la pénurie de professionnelles qualifiées par l’augmentation des salaires et des moyens globaux dédiés à la petite enfance, valoriser ces métiers et offrir des possibilités d’évolution de carrière
- Renforcer la formation initiale et continue des professionnelles, en particulier sur le développement affectif et relationnel de l’enfant, le respect de son intégrité physique et psychique, la prévention des violences, ainsi que l’accompagnement à la parentalité
- Fixer des normes d’encadrement plus ambitieuses pour aller vers un ratio moyen d’encadrement de 5 enfants d’âges mélangés par adulte