L'Avenir en commun
Le programme de la Nouvelle France

Partie 6 – Un monde ordonné

Chapitre 3 : Les nouvelles coopérations de la diplomatie altermondialiste

Refuser le libre-échange, instaurer un protectionnisme écologique et la coopération économique entre les États

L’ère du libre-échange généralisé et de la prétendue « mondialisation heureuse » est révolue. Distancés par la Chine, à présent première puissance productive mondiale, les États-Unis se lancent dans une guerre commerciale perdue d’avance. Pour cela, ils imposent des droits de douane, qui brutalisent l’ensemble des échanges internationaux. Au lieu de défendre la souveraineté de la France, Emmanuel Macron a aligné notre pays sur les exigences néolibérales de la Commission européenne. Ce faisant, il a rendu notre pays extrêmement vulnérable. Cette fuite en avant doit prendre fin : un protectionnisme solidaire, négocié et tourné vers la satisfaction des besoins humains, est la seule stratégie viable pour résister à l’offensive économique de Donald Trump. L’indépendance de la France ne peut être effective qu’en s’affranchissant de toute logique impérialiste.

Mesure clé

Porter au sein du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des propositions de rupture avec le néolibéralisme international, et réinvestir la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)

  • Intégrer le respect des règles fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) dans les accords commerciaux
  • Agir pour l’adoption à l’ONU d’un règlement contraignant les multinationales à respecter des normes sociales et environnementales
  • Œuvrer à un règlement collectif des dettes publiques, indépendamment des mécanismes du marché, dans le cadre de la résolution votée par l’Assemblée générale de l’ONU en 2015
  • Interdire l’exportation de pesticides interdits en Europe

Pour une politique migratoire humaniste et réaliste

Vivre un parcours migratoire est toujours une double souffrance : ne pas être chez soi où l’on vit, et ne plus être chez soi d’où l’on vient. Les migrations sont un sujet trop sérieux pour les réduire à des surenchères. La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi, auprès de ses proches. Pour cela, il faut arrêter les guerres et les accords commerciaux qui détruisent les économies et affronter le changement climatique.

Mesure clé

Faciliter l’accès aux visas et instituer la carte de séjour de dix ans comme titre de séjour de référence

  • Renforcer le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et organiser une conférence annuelle sur les migrations
  • S’opposer aux accords commerciaux inéquitables afin d’éviter l’exil des populations
  • Créer un statut de « détresse environnementale » apportant une protection temporaire, pouvant devenir durable en fonction de la gravité de la catastrophe ayant entraîné la migration
  • Agir contre les conséquences des bouleversements climatiques par des transferts de technologies, de la coopération multilatérale, et du soutien aux initiatives locales
  • Refuser l’application du pacte européen sur la migration et l’asile
  • Assumer notre devoir d’humanité envers les réfugiés en garantissant sans concession le droit d’asile
  • Prendre en charge les personnes migrantes grâce à des structures d’accueil et d’hébergement en nombre suffisant sur tout le territoire, créer un guichet unique d’accueil
  • Garantir l’indépendance administrative de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra)
  • Régulariser les travailleurs, étudiants, parents d’enfants scolarisés sans papiers
  • Fermer les centres de rétention administrative (CRA) en les remplaçant par des alternatives plus humaines et efficaces fondées sur l’accompagnement juridique, l’hébergement ouvert et le respect des libertés fondamentales
  • Supprimer la liste des pays d’origine sûrs et améliorer la prise en compte des identités de genre et des orientations sexuelles dans les procédures en mettant fin aux discriminations administratives et en assurant une protection réelle
  • Abroger les dernières lois sur l’asile et l’immigration, la circulaire dite « Retailleau » et l’ensemble des textes qui criminalisent les personnes étrangères et les personnes aidantes
  • Garantir l’accès à l’aide médicale d’État (AME) et assurer un accès effectif au soutien psychosocial pour les demandeurs d’asile
  • Assurer l’accès aux droits (justice, santé, etc.) des femmes ayant subi des violences sexuelles dans le cadre de leur parcours migratoire

Les Outre-mer, fer de lance d’une diplomatie écologique altermondialiste

Grâce aux Outre-mer, la France est présente à tous les points clés de l’écosystème. Elle possède le deuxième domaine maritime au monde. La Guyane française abrite près de 80 % de la biodiversité nationale et partage avec le Brésil la plus longue frontière terrestre de notre pays. Le devoir de la France est fixé par ses responsabilités vis-à-vis des Outre-mer. Elle doit être le fer de lance d’une diplomatie universaliste. Les Outre-mer en seront les points d’appui.

Mesure clé

Construire des politiques internationales à partir des Outre-mer : préservation de l’Amazonie, aide aux peuples autochtones menacés par la montée des eaux et la sécheresse

  • Faire des Outre-mer des pôles régionaux de codéveloppement : transfert de technologies auprès des pays voisins, aide logistique et scientifique, établissement de formations de haut niveau bénéficiant à la fois aux étudiants ultramarins et à ceux des pays voisins, coopération militaire de maintien de la paix
  • Rejoindre les coopérations régionales : la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) pour les Antilles et la Guyane française, l’Union africaine pour Mayotte, la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA) pour La Réunion, qui participera activement aussi à l’Association des États riverains de l’océan Indien (IORA)
  • Garantir la paix dans l’océan Indien en négociant des accords de co-souveraineté sur l’espace maritime partagé avec Maurice autour de Tromelin et avec Madagascar autour des îles Éparses

Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes

Un autre monde est possible, plus juste, plus ordonné, plus écologique. Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées et d’autres renforcées. La France doit œuvrer, sans exclusive, à tous les projets sortant d’une conception néolibérale et occidentaliste de la mondialisation, promouvant des biens publics mondiaux exempts des mécanismes du marché et luttant contre les inégalités et la crise écologique. Elle a les moyens de développer des coopérations dans le non-alignement.

Mesure clé

Consacrer 0,7 % du revenu national brut à une aide publique au développement débarrassée du carcan néolibéral

  • Agir pour la paix et respecter l’indépendance des États et la souveraineté des peuples
  • Relancer le codéveloppement et la coopération, notamment dans la lutte contre le changement climatique
  • Soutenir le projet de monnaie commune mondiale face au dollar
  • Appuyer la restructuration des dettes souveraines
  • Réformer l’aide au développement apportée par l’Agence française de développement (AFD) pour qu’elle ne serve pas les intérêts des régimes oligarchiques ni ceux d’entreprises intéressées aux partenariats public-privé ; décider de son allocation avec les sociétés civiles sur place, dans un objectif de renforcement des droits humains et des souverainetés populaires, et non de mise en dépendance néocoloniale

Unir le petit bassin méditerranéen autour d’objectifs communs de progrès

Nous ne nous résignons pas à voir la mer Méditerranée devenir un cimetière pour les migrants. Nous refusons les entreprises politiques de ceux qui cherchent à recommencer la guerre avec l’Algérie. Des millions de familles françaises sont intimement liées au bonheur commun des deux rives de la Méditerranée. La France doit donc assumer en Méditerranée la responsabilité particulière créée par son histoire, sa géographie, sa langue et par la richesse et la diversité de son peuple.

Mesure clé

Créer un réseau d’universités méditerranéennes et organiser un réseau méditerranéen de l’enseignement professionnel

  • Créer une force méditerranéenne d’intervention et de sécurité civile pour lutter contre les incendies et pour le secours en mer en cas de catastrophes naturelles
  • Mettre en place une structure commune de lutte contre les pollutions et de gestion de la dépollution de l’écosystème de la mer Méditerranée
  • Organiser les moyens d’intervention sous-marins à des fins de recherche
  • Étendre à la Méditerranée les normes écologiques applicables dans la mer Baltique, notamment en matière de limitation des émissions liées au trafic maritime
  • Créer une chaîne de télévision méditerranéenne émettant en plusieurs langues, diffusant ses programmes sur les deux rives de la Méditerranée et sur Internet (sur le modèle de la chaîne franco­allemande Arte)

Construire une relation avec l’Afrique basée sur la souveraineté des peuples

L’image de la France en Afrique a été fortement abîmée par la politique du président Macron. Le gouvernement français est resté sourd aux aspirations populaires des peuples africains. Il a préféré mettre en œuvre une politique affairiste aux relents colonialistes et répondant aux seuls intérêts bornés des oligarchies. Il est dans l’intérêt des peuples que la France adopte une politique africaine guidée par l’intérêt général humain. La coopération entre les peuples est la méthode qui permettra d’avancer en ce sens.

Mesure clé

Bâtir une politique prenant en compte la réaffirmation de la souveraineté des peuples africains et les transformations profondes de ce continent

  • Renforcer l’aide au développement au Sahel et la conditionner au respect des droits humains, démocratiques, sociaux et écologiques des peuples concernés
  • Réviser les accords de défense passés avec les pays africains pour qu’ils soient conclus dans l’intérêt des peuples et empêchent toute ingérence dans leurs affaires intérieures
  • Œuvrer, aux côtés des pays africains concernés, à mettre un terme à la double monnaie CFA au profit d’une monnaie souveraine dont ils seront les seuls maîtres
  • Annuler les dettes « odieuses » de certains pays africains, c’est-à-dire les dettes contractées par des dictatures dans le seul but d’enrichir le clan au pouvoir ou d’engager des actions allant à l’encontre de l’intérêt général

Passer à la francophonie des peuples

La langue française est la troisième langue la plus parlée au monde. Son centre de gravité réel se trouve sur le continent africain. Il importe de faire vivre cette langue en partage et de développer sa dimension politique. La francophonie est trop souvent ignorée ou confinée dans un cadre officiel inaccessible à la majorité des populations francophones.

Mesure clé

Défendre l’usage du français dans les institutions internationales

  • Faire vivre une francophonie des peuples
  • Faire une académie de la Francophonie, ouverte sur les évolutions et la créolisation de notre langue commune à travers le monde
  • Créer un Erasmus francophone
  • Élaborer des contenus éducatifs et des diplômes communs entre pays francophones
  • Renforcer les médias audiovisuels francophones
  • Renforcer l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)
  • Participer à la création d’une revue scientifique francophone de premier plan au niveau mondial
  • Créer une université francophone de l’espace proposant un cursus universitaire commun d’accès à tous les métiers relatifs au secteur aérospatial
  • Recréer des espaces d’expressions culturelles francophones (les scènes nationales, par exemple)
  • Renforcer le réseau des Instituts français et Alliances françaises et le renforcement de la présence de l’ONU au Liban
Couverture de l'Avenir en commun édition 2027

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